
Le Communiqué Officiel de la F.F.F.

La
réunion du Conseil Fédéral a permis de dresser un bilan exhaustif et
sans concession des résultats de l’Euro 2008, de la mission du
Sélectionneur national et des modes de fonctionnement de l’Equipe de
France.
Raymond Domenech a présenté lucidement son
bilan personnel. Il a précisé ses intentions en vue de la Coupe du
Monde 2010 et a répondu aux questions et observations des membres du
Conseil.
Hors de la présence du sélectionneur national, Jean-Pierre Escalettes a
développé son analyse de la situation actuelle, a exposé les données du
choix s’offrant au Conseil Fédéral – maintenir Raymond Domenech dans sa
fonction ou le remplacer – et a défini les changements impératifs qui
conditionnent, à ses yeux, la poursuite de la mission de l’intéressé.
Tous les membres du Conseil ont été ensuite appelés à exprimer librement leur opinion et leur position personnelles.
De cette confrontation d’analyses et de propositions s’est dégagée l’opinion majoritaire suivante, validée par un vote.
1 – Chacun a sa part de responsabilité dans le bilan négatif de l’Euro 2008, le Sélectionneur national au premier chef.
Par les résultats, la qualité du jeu développé, l’image transmise par
l’Equipe de France sur le terrain et hors du terrain, l’Euro 2008 est
un échec. C’est un échec collectif qui implique le Sélectionneur
national, les joueurs et la Fédération.
En charge des choix tactiques et de personnes, ainsi que de la
direction et de l’animation d’ensemble de la sélection, Raymond
Domenech assume une responsabilité directe, qu’il reconnaît.
Le résultat décevant de l’Euro 2008 est à mettre en regard des
réussites du Sélectionneur national depuis sa prise de fonction en 2004
: la qualification successive à deux phases finales de compétition
internationale ; l’accession à la Finale de la Coupe du Monde 2006 ;
l’intégration progressive d’une nouvelle génération de joueurs au sein
de la sélection nationale ; des statistiques globales sur quatre ans
qui ne sont pas en sa défaveur.
Plus que les résultats eux-mêmes, dépendants de la performance des
adversaires et des aléas de la haute compétition, ce sont les
conditions de fonctionnement de la sélection nationale et la
communication personnelle de Raymond Domenech qui sont critiquables.
Pour leur part :
- plusieurs joueurs cadres de l’Equipe de France ont reconnu
spontanément leur part de responsabilité dans les mauvais résultats
enregistrés ;
- en n’exerçant pas une vigilance suffisante sur les décisions qui ne
relevaient pas de la mission sportive stricto sensu du Sélectionneur
national, la Fédération ne s’est pas donné les moyens de rectifier en
temps utile ce qui devait l’être.
2 – Un changement de sélectionneur national à la veille des
qualifications pour la Coupe du Monde 2010 n’offre pas plus de
certitudes ou de garanties que le maintien du Sélectionneur en place,
sinon celles de se concilier les faveurs des médias et de l’opinion.
L’objectif principal assigné à Raymond Domenech dans son contrat de
travail est la qualification pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du
Sud et la préparation de celle-ci
Le démarrage des qualifications dès le 6 septembre prochain justifie
une continuité dans la gestion de la sélection. Sur la base de quatre
années d’expérience, de pratique ou d’observation régulière des joueurs
sélectionnables, Raymond Domenech est, à ce jour, le mieux à même de
poursuivre la transition qu’il a entreprise entre deux générations de
joueurs : celle qui constitue l’ossature actuelle de l’Equipe de France
et celle, composée de joueurs prometteurs, qui sont entrés en sélection
depuis deux ans ou qui frappent à sa porte.
La nomination sans anticipation d’un nouveau Sélectionneur national,
quels que soient son profil, son passé et ses soutiens, impose une
phase d’adaptation et comporte une part de risque. Chacun a le droit
d’avoir ses préférences, voire ses a priori. Mais personne n’a fait la
démonstration convaincante qu’il existe une solution alternative
garantissant les succès futurs que chacun appelle de ses vœux.
Le Conseil Fédéral, dans sa majorité, a considéré qu’une solution de
rupture n’emportait pas de certitude ou d’avantages démontrés.
Il convient par ailleurs de préciser que les considérations financières
n’ont pas constitué un critère de décision déterminant. Contrairement à
ce qui a pu être dit ou écrit, le contrat de travail de Raymond
Domenech comporte des dispositions permettant à la Fédération de mettre
fin à sa mission de sélectionneur national, en cas de résultats
insuffisants, dans des conditions financières maîtrisées.
3 - La poursuite de la mission de Raymond Domenech s’accompagnera de
changements qu’il s’est engagé à mettre en œuvre dans trois domaines:
la gestion de la sélection nationale, l’ouverture de l’Equipe de France
à son public, sa communication personnelle.
• Le sélectionneur national recentrera sa mission sur la fonction
sportive, dont il conservera la pleine responsabilité, en se dégageant
de toute autre contingence. Les orientations générales relatives à
l’Equipe de France sont du ressort du Président de la Fédération et des
élus. Les fonctions logistiques, qui prennent une place conséquente
dans la gestion de la sélection nationale, seront assumées dans les
conditions indiquées ci-après (point 4), en concertation avec le
Sélectionneur.
• La volonté louable de favoriser la tranquillité et la concentration
des joueurs a progressivement abouti à un isolement excessif et à une
forme d’enfermement de l’Equipe de France. L’image qui prévaut
aujourd’hui est celle d’une équipe coupée de son environnement et de
joueurs distants, frileux, repliés sur eux-mêmes. Or l’Equipe de France
ne suscitera l’adhésion et l’enthousiasme que si elle transmet la
générosité, l’ambition, la joie de jouer, la proximité avec le public,
la fierté de porter le maillot. Avec les joueurs qui ont un rôle majeur
à jouer en ce domaine, Raymond Domenech devra œuvrer à réconcilier
l’Equipe de France avec son public.
• Compte tenu de l’impact médiatique de tout ce qui touche l’Equipe de
France, la communication du sélectionneur national ne véhicule pas
seulement ses idées, ses choix et sa personnalité. Elle porte aussi, en
France et à l’étranger, la voix de la Fédération et l’image du football
national. Ceci lui impose de mesurer en permanence la portée de ses
propos et l’investit d’une responsabilité particulière.
Raymond Domench a lui-même souhaité pouvoir s’appuyer désormais sur la
Direction de la communication de la FFF, en intégrant pleinement la
communication relative à l’Equipe de France dans le plan fédéral de
communication.
4 – Le Conseil Fédéral a approuvé un ensemble de mesures qui visent à
inscrire l’action du Sélectionneur national – Raymond Domenech
aujourd’hui, ses successeurs demain - dans un cadre pérenne facilitant
l’exercice de sa mission.
• Le Conseil de gestion de l’Equipe de France instauré en 2005 réunit
déjà les principaux dirigeants du football national concernés par la
sélection, dont ceux du football professionnel. Dans une composition
actualisée, rebaptisé Club France 2010 pour identifier clairement
l’objectif immédiat que constitue la qualification pour la prochaine
Coupe du Monde, il se réunira de façon régulière afin de fixer la
politique, les objectifs et les conditions générales de fonctionnement
de la sélection nationale.
• Un poste de Secrétaire général des sélections nationales
(dénomination provisoire) sera créé dans les prochaines semaines. Placé
auprès du Directeur technique national, il aura pour mission de
programmer, coordonner et contrôler toutes les fonctions d’organisation
et de logistique (planification des calendriers, relations avec les
équipes adverses, déplacements, hébergement, contrôle des budgets,
etc…) concernant les sélections nationales, et en premier lieu l’Equipe
de France A.
• Une charte du joueur de l’Equipe de France sera signée par tous les
joueurs internationaux au début de la présente saison. A côté des
droits dont ils bénéficient, elle rappellera les devoirs qu’impose
l’appartenance à une Equipe de France et les valeurs qui doivent s’y
attacher dès les premières sélections de jeunes : respect du maillot,
respect de l’arbitre, respect de l’adversaire, respect du public,
respect de l’hymne national, etc… Elle fixera les règles de
comportement et de vie en sélection et elle formalisera les obligations
qui incombent aux joueurs dans leurs relations avec les médias pendant
les rassemblements et les compétitions.
En outre, la composition du staff technique de l’Equipe de France fera
l’objet par le Sélectionneur national d’un examen approfondi avant le
début de la saison, en coopération avec le Directeur technique
national, Gérard Houllier, qui apportera son expérience et sa capacité
de conseil à Raymond Domenech.
Il appartiendra à ce dernier de présenter au Président de la Fédération
et au Club France 2010 les conclusions de cet examen et les décisions
qu’elles impliquent.
En conclusion, Jean-Pierre Escalettes a déclaré : "Tout échec sportif
oblige à des critiques, à des réflexions et à des débats salutaires.
L’honneur d’un dirigeant responsable n’est ni de suivre par
complaisance les vents dominants, ni de camper par principe sur des
positions figées. Notre responsabilité est d’analyser, d’écouter, de
décider et d’assumer. C’est ce que j’ai fait, c’est ce que le Conseil
Fédéral a fait. Maintenir Raymond Domenech dans sa fonction est une
décision de raison, soigneusement réfléchie et librement discutée.
C’est aussi une forme de pari, comme chaque fois que l’on nomme un
sélectionneur ou un entraîneur. On le sait bien, la seule vérité qui
compte est celle du terrain. Elle est imprévisible, mais c’est elle
qui, en définitive, validera ou invalidera notre choix.
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